L’épidémie de Covid-19 qui a touché le monde entier a chamboulé notre quotidien. Contraints de garder leurs enfants à la maison et de pratiquer le télétravail lorsque cela est possible, les parents sont nombreux à s’interroger. Leurs interrogations se tournent majoritairement vers l’impact du coronavirus sur le fonctionnement des crèches. Cet article permet de prendre conscience et connaissance des conséquences du Covid-19 sur les établissements accueillant de jeunes enfants, les crèches.

Covid-19 : crèches et confinement

En France, toutes les crèches (publiques, privées, associatives, etc.) ont été sommées de fermer leurs portes le 16 mars dernier, laissant près de 450 000 enfants de moins de 3 ans sans place en crèche. Finalement, certains établissements de garde d’enfant, notamment les micro-crèches, ont été réquisitionnés pour accueillir les enfants des professions prioritaires, tels que les soignants, mais aussi les forces de l’ordre.

L’organisation des crèches pour les enfants du personnel soignant

Le personnel de crèche s’est mobilisé pour accueillir les enfants des professions prioritaires, sur la base du volontariat. De ce fait, les professionnels de la petite enfance ont dû trouver leur propre organisation vis-à-vis de leurs proches. À savoir qu’ils sont souvent eux-même parents ou qu’ils aident au sein de leur famille en poursuivant leur mission auprès des tout petits. La première semaine, certaines structures ont accueilli 2 enfants puis, au fil des semaines, les crèches ont pu accueillir jusqu’à 8 enfants.

Un point d’honneur a été mis sur la rotation des équipes, afin de garantir des conditions de travail optimales. Les professionnels sont volontaires, en bonne santé et moralement en forme. Le but de cette initiative était de créer un écosystème dénué de stress. L’absence de stress permet de former un cocon, et d’être ainsi au plus proche du fonctionnement classique d’une crèche. Les directions se sont rendues le plus disponibles possible, et le plus à l’écoute des signaux des équipes pour assurer la garde optimale des enfants du personnel soignant.

Garde à la semaine : le fonctionnement des crèches change pendant le confinement

Face à l’épidémie de Covid-19 et aux mesures gouvernementales exceptionnelles qui y sont liées, les crèches ont réorganisé leur façon de travailler dans le but de pouvoir accueillir de nouvelles familles. Ainsi, les plannings des crèches ont été revus à la semaine :

  • sur l’amplitude horaire 7h30-19h30 ;
  • en étroite communication avec les parents, qui transmettent leur planning hebdomadaire.

La révision du planning des crèches ainsi opérée a permis d’organiser au mieux le temps d’accueil de chaque enfant. Dans les faits, les enfants pouvaient être accueillis en crèche un jour sur deux, ou 5 jours d’affilée, selon les contraintes des parents. Les crèches ont fait preuve d’adaptation et de souplesse face au contexte de Covid-19.

Outre leur planning, les crèches ont aussi modifié les conditions d’accueil des enfants en ce qui concerne leur âge. Certaines structures disposant d’un agrément spécifique de la PMI peuvent ponctuellement accueillir des enfants dont l’âge va jusqu’à 6 ans.

Les gestes barrière appliqués dans les crèches durant l’épidémie de Covid-19

gestes barrières coronavirus en crèchesConcernant les règles d’hygiène et l’aspect sanitaire, les crèches y sont habituées. Il n’est en effet pas rare que ces établissements doivent gérer des épidémies de grippe, de gastro-entérite ou encore de varicelle. Pour le contexte Covid-19, les protocoles de nettoyage ont été multipliés par trois. Ainsi, les crèches doivent suivre des règles spécifiques de désinfection quotidienne, qui s’appliquent régulièrement tout au long de la journée. Aussi, c’est sans surprise que le port des masques et le lavage de mains est obligatoire et systématique. Le port du masque peut surprendre les enfants au premier abord. C’est pourquoi les crèches ont décidé de présenter ce geste barrière comme un déguisement aux enfants, le rendant alors amusant.

Cette situation est inédite et nouvelle, pour les enfants comme pour le personnel des crèches. Ainsi, chacun s’adapte. Concernant les repas, les professionnels de la petite enfance innovent : ils sont préparés sur place, dans certaines structures. Pour ce qui est des activités prévues pour les enfants, elles sont maintenues durant l’épidémie de Covid-19, sous réserve de pouvoir respecter les gestes barrières. Par exemple, le projet de jardinage lié à l’arrivée du Printemps reste réalisable dans la grande majorité des crèches.

Déconfinement et réouverture des crèches

Le gouvernement a confirmé que les crèches rouvriront le 11 mai. Toutefois, elles ne seront pas en mesure d’accueillir la totalité des enfants inscrits. Les professionnels du secteur sondent les parents sur leurs besoins et rôdent leurs protocoles sanitaires avant la reprise, pour assurer une réouverture adaptée à cette situation inédite.

Covid-19 : une réouverture de l’ensemble des crèches à partir du 11 mai

Dans un premier temps, les crèches, municipales comme privées, ne pourront pas recevoir la totalité des enfants inscrits. La règle retenue par le gouvernement est celle d’un accueil “par groupes de dix enfants maximum”. Certaines structures telles que les micro-crèches pourront alors rouvrir l’accueil habituel de leurs effectifs. Cette réouverture complète suppose cependant que les parents souhaitent remettre leur enfant en collectivité.

Pour les plus grandes structures, le gouvernement évoque “la possibilité d’accueillir plusieurs groupes de dix enfants si l’espace le permet et si les conditions sont réunies pour que les groupes ne se croisent pas”. “Nous allons donc fonctionner à environ 50 % de nos capacités”, calcule Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération Française des Entreprises de Crèches (FFEC).

Une nouvelle organisation à trouver pour les crèches durant l’épidémie de Coronavirus

impact du coronavirus dans les crèches

La première inconnue concerne la disponibilité des salariés des crèches à compter du 11 mai. “97 % de notre personnel sont des femmes et très souvent mamans d’enfants scolarisés”, note Elsa Hervy. Depuis les annonces, les crèches sont à pieds d’oeuvre pour contacter les familles et sonder leur intention de remettre leurs enfants en crèche. Ces sondages permettent notamment d’anticiper les besoins des familles, et de dessiner les plannings en détails.

Dans un premier temps, les groupes de dix semblent réalisables, mais les crèches annoncent qu’il faudrait passer à des groupes de 15 enfants à partir de fin juin. Cette augmentation numérique permettrait à davantage de parents de reprendre leur activité professionnelle. En attendant de nouvelles directives, la sélection des enfants prioritaires à accueillir en crèche reste une solution à envisager. Si elle doit être effectuée, Édouard Philippe fixe le principe de rendre l’accès prioritaires aux enfants :

  • du personnel soignant ;
  • des professeurs ;
  • des couples d’actifs qui ne peuvent pas télétravailler ;
  • des familles monoparentales.

Pendant le confinement, les crèches ayant maintenu l’accueil des enfants ont mis en place des mesures sanitaires renforcées. Grâce à ce retour d’expérience partagé, de nombreuses dispositions ont été prises, et les structures s’en inspirent pour organiser le déconfinement. Parmi les gestes barrières qui devraient être maintenus dans toutes les crèches dès leur réouverture :

  • le port du masque pour tous les salariés ;
  • la mise à disposition de gel hydroalcoolique, ou de gants jetables pour chaque change ;
  • l’instauration d’espaces de jeux distancés.

Le guide Ministériel COVID-19 pour les modes d’accueil du jeune enfant a été conçu par la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) en concertation avec la Direction Générale de la Santé et des différents acteurs du secteur (gestionnaires de crèches, associations etc.).

Pour répondre aux nombreuses interrogations qui subsistent, ce guide très attendu donne un cadre national : c’est-à-dire des règles communes à tous les EAJE, à toutes les assistantes maternelles et toutes les gardes d’enfant à domicile sur l’ensemble du territoire. Il sera le socle de référence pour les accompagner dans cette grande étape de déconfinement, qui nécessite des ajustements. Ce guide vise à guider au mieux les structures dans la mise en place des préconisations du Haut Conseil de la Santé Publique. Cependant dans les foyers, de nombreuses questions persistent sur le change, les siestes, les activités et les repas, et l’accueil des parents. De nouveaux repères seront à construire pour l’ensemble des parties prenantes, que ce soit les parents, les enfants et les professionnels de la petite enfance.

Un avenir incertain pour les crèches suite à l’épidémie de Covid-19

Bien qu’un chantier de fond ait été amorcé depuis septembre 2019 avec La Commission des 1000 premiers jours, le secteur de l’accueil petite enfance va devoir redessiner son modèle au sortir de la crise. Les entreprises de crèches, quasi à l’arrêt pendant deux mois, s’inquiètent d’une activité qui risque de rester partielle sans doute jusqu’à septembre 2020. Les pouvoirs publics continueront-ils à soutenir le secteur ? De nombreuses structures sont fragiles, en particulier les micros-crèches. Le risque de fermeture des établissements impactera nécessairement une pénurie de places en crèches, déjà forte avant la crise sanitaire.

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