Nous sommes aujourd’hui face à une crise sanitaire sans précédent qui affecte également l’économie et le monde du travail. Depuis la fin de la “première vague” en France, nous avons pu prendre du recul sur cette situation. En cette fin d’année, nous en profitons pour en tirer les enseignements et définir les évolutions sociales et sociétales qui en découlent. Ce bilan vise à mettre en lumière les opportunités générées par ces bouleversements et de tirer profit de ce rabattement de cartes dans l’univers du travail.

La nécessité de faire le point après une crise mondiale

Le rapport au travail des collaborateurs en 2020

Tous les secteurs d’activité ont été touchés plus ou moins sévèrement par la crise liée à la Covid-19. Certains ont dû fermer les portes de leurs usines ou de leurs boutiques, d’autres ont continué à travailler malgré l’atmosphère pesante et les préconisations gouvernementales. Les entreprises ont souvent plébiscité le télétravail lorsqu’il était possible, afin d’éviter un arrêt des activités qui aurait eu (et qui a, pour certains) des retombées catastrophiques.

Du côté des salariés, cette crise a permis de mettre en exergue la nécessité d’une transformation du monde du travail. Selon une étude menée par le SuperMood, les employés ont apprécié la capacité de leurs entreprises, qu’elles soient des multinationales ou des TPE, à être proactives et réactives, notamment grâce à la mise en place efficace du télétravail généralisé. De plus, le recours au chômage partiel durant la période de confinement a permis à certains employeurs d’éviter nombre de licenciements. Un sentiment de fierté, d’appartenance et de confiance s’est parfois accru durant la crise. Cela peut-être dû aux différentes mesures mises en place à l’échelle de chaque entreprise, et aux efforts de communication axés sur la culture d’entreprise. Les collaborateurs des grands groupes en particulier se sentent davantage confiants, la stabilité de la structure leur confère un sentiment de sécurité appréciable quand d’autres craignent pour la survie de leur emploi au sein d’entreprises plus fragilisées par la conjoncture. Un collaborateur anonyme affirme d’ailleurs à SuperMood : “Les mesures mises en place pendant le confinement ont été exceptionnelles et il est rassurant de travailler dans une multinationale.” 

Cette crise a souvent été perçue comme le vecteur de changements structurels et organisationnels au sein des entreprises. En effet, selon 74% des français interrogés par l’IFOP, il y aura bel et bien un avant et un après Covid-19 dans leur entreprise. 

De nombreuses difficultés accentuées, d’autres masquées 

Si cette crise semble avoir eu un impact positif sur certains salariés, elle a également mis en visibilité de nombreux dysfonctionnements au sein du monde du travail. Si l’engagement a connu une forte croissance durant la période de confinement, la conjoncture a mis en exergue une polarisation du monde du travail. Que ce soit en fonction de leur genre, de leur âge ou de leur ancienneté, il existe un immense écart entre les ressentis sur des sujets tels que l’engagement, l’environnement de travail ou encore l’autonomie. Cela signifie notamment que les salariés n’ont pas les mêmes attentes vis-à-vis de leur employeur ou entreprise selon leur situation individuelle. En d’autres termes, leur réaction face à la crise n’a certainement pas été la même pour les séniors, les jeunes diplômés ou encore les salariés parents de jeunes enfants…En effet, on a remarqué une baisse de l’engagement chez les plus seniors, alors qu’elle était en hausse chez les autres tranches d’âge. Concernant les femmes, elles rapportent avoir été particulièrement affectées par la fatigue et le surmenage durant cette période intense. Enfin, 43% des salariés se sont sentis stressés à l’idée de retourner sur leur site de travail : la crainte principale liée à ce retour concerne les conditions d’hygiène, suivie de près par le manque de flexibilité dans la journée de travail. De plus, l’instabilité de la période est favorable à une certaine volatilité de l’engagement des salariés. De nombreux facteurs sont en cause : la hausse de la charge de travail, le manque de visibilité sur l’avenir, la nécessité de s’adapter à un nouveau rythme de retour au bureau, ou encore la dégradation de la communication interne. La seconde vague est là, avec son lot d’incertitudes et de challenges. Cette première expérience nous a donné quelques clés, quelques pistes pour mieux l’appréhender, mais nul doute que de nouveaux questionnements verront le jour, d’autant plus que la situation va s’inscrire dans le temps…

 

Le monde professionnel vu par les salariés

Quelles sont les attentes des salariés pour 2021 ?

La crise sanitaire à laquelle nous faisons face demande à chacun un certain nombre d’efforts d’adaptation. Selon le baromètre de l’engagement de SuperMood, “les employés font face à des contraintes spécifiques auxquelles managers et RH doivent pouvoir apporter une réponse personnalisée”. Entre autres, les contraintes organisationnelles liées à la garde d’enfant au cours du confinement du printemps, desquelles ont découlé des aménagements de planning, parfois pérennes. C’est cette flexibilité sur l’organisation du temps de travail qui est au cœur des attentes des collaborateurs pour 2021. Elles sont aujourd’hui beaucoup plus intimement liées à leur bien-être au travail, ainsi qu’à l’équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle. En effet, selon l’étude IFOP, 81% des sondés estiment que le bien-être au travail est un enjeu prioritaire dans “le monde d’après”. 27% d’entre eux attendent une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle, 19%, un changement de rythme de vie, et 19%, davantage de télétravail.

Le télétravail, devenu indispensable pour maintenir une activité, est aujourd’hui encore plébiscité par bon nombre de salariés d’entreprises. Ces derniers sont acteurs d’une mutation du monde du travail qui s’opère en ce moment même. Et les avantages sont nombreux : davantage de tranquillité pour se concentrer, des économies réalisées sur les trajets, les repas ou encore la flexibilité et l’autonomie qu’offre ce mode de travail. En revanche, les salariés souhaitent que ce besoin de flexibilité et d’autonomie rime avec cohésion d’équipe. Paradoxal ? Pas tant que cela : le télétravail peut avoir tendance à isoler les collaborateurs, qui se retrouvent seuls chez eux. Ce sentiment d’isolement se fait de plus en plus sentir au sein des entreprises, puisque le télétravail n’est plus généralisé : les collaborateurs sont séparés entre ceux qui sont au bureau et ceux qui travaillent depuis chez eux. La cohésion d’équipe devient donc un enjeu fort de communication interne et RH.

D’autre part, les sondés par L’Institut Français d’Opinion Publique estiment que leur manager doit :

  • créer un climat de confiance au sein de l’équipe, 
  • la soutenir dans les difficultés,
  • être à l’écoute de chacun. 

“La culture de la confiance est de plus en plus plébiscitée par les collaborateurs”. C’est ce qu’affirme SuperMood dans son rapport sur l’engagement des collaborateurs face à la crise sanitaire. La mention du terme “confiance” a considérablement augmenté dans les verbatims de collaborateurs entre 2019 et 2020. Et pour cause ! C’est un atout au sein d’une entreprise puisqu’elle lui permet d’engager et impliquer davantage les collaborateurs, leur laissant “plus d’autonomie et valorisant [leur] travail”. D’autres enjeux émergent, tels que sa capacité à innover (28%), la prise en compte du bien-être des collaborateurs (60%) ou encore le fait de donner du sens à son activité (31%).

Consolider l’engagement des salariés : considération et QVT

Les collaborateurs attendent de leurs entreprises qu’elles leur permettent davantage de flexibilité, d’autonomie mais aussi de cohésion d’équipe. Ils ont besoin que leur manager, et au delà, que leur entreprise leur fasse confiance. Et réciproquement : la crise a mis en exergue la sécurité qu’apportent les grands groupes à leurs employés, et la proximité garantie par les plus petits. Des salariés confiants et en accord avec les valeurs de leur entreprise seront plus enclins à s’impliquer dans les challenges à affronter aux côtés de leur employeur.

La qualité de vie et le bien-être au travail sont des axes sur lesquels il sont des leviers sur lesquels il est nécessaire d’investir pour une relance pérenne de l’activité en 2021. En effet, en 2018, 56% des sondés par l’IFOP affirmaient que le bien-être au travail constituait un enjeu prioritaire au sein de leur entreprise. Aujourd’hui, ils sont 81% soit 25% supplémentaire à juger ce levier comme prioritaire !

Cet investissement peut passer par la mise en place d’avantages sociaux, financiers ou la mise à disposition de services à forte valeur ajoutée comme la place en crèche inter-entreprises. Ce dernier avantage permet à vos collaborateurs de travailler efficacement en s’appuyant sur un mode de garde fiable et adapté au développement de l’enfant. Ce dispositif prend tout son sens dans un climat de généralisation du télétravail puisqu’il est impossible de travailler lorsque les enfants sont à la maison.

Ces leviers d’engagement et d’implication des salariés demandent, pour fonctionner, qu’une communication claire et rassurante soit mise en application. Selon des verbatims recueillis par SuperMood, des axes de mobilisation et d’engagement des collaborateurs dans un contexte d’incertitudes peuvent être :

  • “avoir plus d’informations sur ce qui est réalisé, ce qui sera possible de faire, ou pas”,
  • “formaliser plus régulièrement les priorités”

 

Les enjeux RH inhérents à une relance pérenne

A l’arrivée de la seconde vague tant redoutée, les entreprises sont à nouveau plongées dans une période d’incertitude. Les indicateurs Supermood et Ifop annoncent que malgré tout cela, la majorité des salariés entrevoit avec optimisme son avenir professionnel (71%), celui de son secteur d’activité (71%), de son service (71%), et de son employeur (72%). Ils mettent également en lumière deux piliers sur lesquels s’appuyer pour préparer 2021.

Redonner du sens au travail

L’un des piliers sur lequel les entreprises peuvent s’appuyer pour assurer une relance pérenne de leur activité en 2021 est le fait de redonner du sens au travail. Cette crise sanitaire qui dure est l’occasion pour beaucoup de salariés de faire le bilan sur leur métier. “Mon métier est-il utile à la société ? Est-ce que mon activité est bénéfique pour mon prochain ?” sont des questions que beaucoup ont pu se poser.

Durant le confinement du printemps, nous nous sommes retrouvés chez nous, confrontés à une vie sans loisirs, très cadencée par le travail et nos sorties avec attestations de déplacement. C’est une vie à laquelle nous n’avons jamais été habitués. Ce changement brutal de mode de vie a permis aux salariés de prendre du recul sur la situation et leurs envies. Cela a permis à d’autres d’ouvrir les yeux sur un quotidien qui ne leur correspond pas ou plus. Cela a également amené certains à découvrir une passion, une vocation, ou de la confirmer. En bref, le retour à l’essentiel est fortement plébiscité dans la vie quotidienne des salariés. Le besoin d’accorder sa vie privée et sa vie professionnelle se fait davantage ressentir. Après avoir géré l’urgence, mis en sécurité leurs collaborateurs, ou participé à des actions de solidarité (fabrication de masques, de gel, don de matériel pour les professionnels de santé), le moment est peut-être venu pour les entreprises d’instaurer un changement plus profond. Il est plus que jamais opportun de repenser votre business model afin qu’il s’accorde avec les valeurs partagées par vos collaborateurs et aligné avec les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux.

Favoriser l’égalité femmes / hommes

La crise sanitaire a accru certaines inégalités de conditions de travail, notamment entre les hommes et les femmes au travail.

Premièrement, et selon l’Anact, l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail, la majorité des secteurs où le travail est maintenu sur site pendant le confinement (santé, grande distribution, nettoyage…), les femmes sont surreprésentées, et souvent peu rémunérées. En ce qui concerne les secteurs d’activités pour lesquels le télétravail est possible et mis en place, la question de la répartition des temps entre femmes et hommes se pose. Les chiffres de SuperMood et de l’IFOP montrent que les femmes ont mal vécu la crise liée à la pandémie du Covid 19. En effet, 70% des femmes se sentent fatiguées et surmenées contre 49% des hommes. Comment cela s’explique ? Outre la tension permanente, les femmes ont vu leur charge mentale décuplée. La gestion de l’intendance du domicile en plus de leur travail lorsqu’il était maintenu en est une cause. Par exemple, faire la classe à la maison est une tâche qui revenait majoritairement aux femmes durant le confinement. Du côté des entreprises, comment favoriser l’égalité ? Vous pouvez accompagner la parentalité en entreprise, afin de mettre sur un pied d’égalité les hommes et les femmes au regard de leur vie de famille. Pensez à la réservation de places en crèches inter-entreprises ! D’autre part, un autre moyen de favoriser l’égalité femmes / hommes est de réorganiser le temps de travail : finies les réunions avant 9h et après 18h ! Il en va de la responsabilité de chacun ; cela peut permettre de garantir également un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Enfin, le télétravail peut également faciliter le quotidien et la logistique de certaines femmes actives dans leur rôle de mère

 

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