Gérer la colère chez les tous petits - Choisir Ma Creche

Gérer la colère chez les tous petits

Vous avez tous vécu cette situation où votre enfant pique une colère en public. Vous essayez tant bien que mal de le calmer, en vain, vous aimeriez disparaître face à cette honte qui vous envahie. Or vous ne devriez en aucun cas ressentir le jugement des autres car l’expression de la colère chez l’enfant est une situation banale voire essentiel pour son évolution personnelle. Alors acceptez ces moments conflictuels et tentez quelques subterfuges pour inverser la tendance. Charlotte Ducharme, auteure du bestseller Cool Parents Make Happy Kids et coach en parentalité vous propose aujourd’hui quelques pistes à suivre afin d’apaiser les tensions au sein du cocon familial.

 

La colère, un sentiment inévitable chez l’enfant

Charlotte Ducharme nous explique que le cerveau de l’enfant étant immature, sa partie rationnelle n’est pas encore assez développée pour comprendre le monde farfelu des adultes. En effet, cette zone se développe jusqu’à l’âge de 21 ans, avant cela, c’est surtout l’émotionnel qui règne dans la tête des tous petits. Déjà que pour un adulte, il n’est pas toujours simple de comprendre et d’accepter les aléas de la vie, alors pour un enfant, la tâche s’avère complexe. Ce manque de rationalité rend le quotidien de l’enfant difficile à accepter. Il ne comprend pas, par exemple, qu’on le force à se brosser les dents matin et soir. C’est comme si on nous demandait de déplacer un pot de fleur de l’armoire à la table et de la table à la commode matin et soir parce que « c’est bon pour la plante » : notre motivation sera faible du fait qu’on a du mal à vraiment percevoir le sens de cette tâche. Même si on lui explique évidemment les bénéfices du brossage de dent, cela reste très abstrait pour lui.

Ainsi, l’adulte et l’enfant évolueraient avec des référentiels distincts : ce qui semble très important pour l’enfant peut sembler futile pour le parent. Par exemple, si l’enfant souhaite absolument appuyer sur le bouton de l’ascenseur mais que le parent refuse, il peut ressentir une grande frustration, car ce qui paraît sans importance pour l’adulte, est pour l’enfant la mission de la journée qui le met en joie. Et c’est tellement dommage de retirer cette liberté à l’enfant de faire ces petites choses qui ont l’air de rien, mais qui l’anime, lui permettent d’expérimenter, d’apprendre et de de grandir. Si votre enfant a donc quelques tocs, il n’est en aucun cas psychorigide, il évolue simplement dans un univers avec des plaisirs différents des vôtres. Acceptez alors en tant que parent de lui offrir certaines libertés et d’entrer dans son propre monde pour abaisser sa colère.

Enfin, n’oublions pas que l’enfant fait finalement très peu de choix dans sa journée. Bien souvent on décide pour lui de l’heure du réveil, des activités, de quand il commence une activité, quand il la termine, ce qu’il mange, quand il mange, comment il s’habille, quand il dort… Il y a quand même de quoi être frustré de ne rien décider. Découvrez comment gérer la frustration de votre enfant.

 

Les solutions pour apaiser la colère de l’enfant

Charlotte Ducharme propose différents axes pour apaiser les colères des tous petits. Tout d’abord, en tant que parent, nous pouvons nous ménager face aux colères de notre enfant et nous faciliter la tâche car, en y regardant de plus loin, rien n’est grave lors de ces conflits. Vous pouvez alors essayer de porter l’attention de votre enfant sur autre chose en lui introduisant un nouveau sujet. Par exemple, s’il s’énerve dans un magasin, n’hésitez pas à le recentrer sur la mission de base « qu’est ce que nous devions acheter déjà ? » afin qu’il réfléchisse et passe de son cerveau émotionnel à son cerveau rationnel. Vous pouvez également commencer à lui lire une histoire. Même s’il n’est pas d’accord ou s’il continue de se rouler par terre, bien souvent il commence à nous rejoindre pour écouter l’histoire. On peut aussi lâcher du lest en autorisant notre enfant à réaliser certaines choses qui nous semblent absurdes mais qui seront très importantes pour lui.  Une autre bonne façon d’éviter certaines colères, est tout simplement de le laisser faire ses propres expériences, afin qu’il puisse lui-même se responsabiliser car il comprend le sens et l’intérêt de notre demande. Par exemple si notre enfant ne veut pas mettre son manteau, on peut tout simplement dire d’accord, prendre son manteau à la main, et le laisser se rendre compte par lui-même une fois dans la rue qu’il a froid.

Cependant nous ne pourrons pas toujours éviter les colères de notre enfant car bien sûr, s’il est essentiel d’écouter et de répondre à ses désirs, il est aussi primordial d’assouvir nos besoins en tant qu’adulte. L’objectif n’est pas de sacrifier notre propre épanouissement pour celui de nos enfants, c’est la raison pour laquelle nous devons mettre certaines limites chez nous. Elles sont propres à chaque parent, cela peut être par exemple : « Nous avons besoin de nous reposer le soir, tu peux lire dans ta chambre, mais après 20h30, c’est le moment des parents », « Tu as le droit de faire du bruit mais que dans ta chambre, pas dans le salon car j’ai besoin de calme », « Je te mets dans la poussette car nous n’avons pas le temps pour que tu marches ». Evidemment notre enfant peut et a le droit de ne pas être content de ces décisions, mais nous pouvons simplement accepter sa colère tant qu’il ne l’exprime pas sur les autres. Plus on comprendra sa colère, on l’acceptera, plus elle s’atténuera rapidement.

Une autre chose qui peut éviter un bon nombre de colère à la maison, c’est quand les règles de la maison ne changent pas en fonction de l’humeur du parent. Si un jour l’enfant a le droit d’ajouter du sel à son plat et pas l’autre, s’il peut regarder des dessin-animés le samedi matin mais pas la semaine d’après, si on lui achète des bonbons au supermarché et pas la fois d’après, et qu’il n’y a pas de raisons très claires à ces décisions, cela risque d’engendrer beaucoup de frustrations et de caprices à gérer :  « Pourquoi cette fois-ci j’ai pas le droit alors que l’autre jour c’était bon ? ». L’enfant risque d’être davantage frustré et donc d’insister beaucoup plus. Par conséquent, établir ensemble des règles claires, des routines le matin, le soir, toujours les mêmes, avec des exceptions définis à l’avance (par exemple en semaine je te lis 3 histoires mais le week-end c’est différent) évite un bon nombre de négociations et de colère car au bout d’un moment l’enfant sait que cette règle ne bougera pas.

Enfin, n’oubliez pas qu’un enfant qui fait beaucoup de colères est bien souvent un enfant qui a faim ou envie de dormir. D’ailleurs la surexcitation d’un enfant le soir et son hyperactivité peuvent être provoqués par un manque global de sommeil.  Si vous éprouvez des difficultés à endormir votre enfant ou s’il se relève plusieurs fois par nuits, alors suivez les conseils de notre experte Charlotte Ducharme sur le sommeil.