La petite enfance face à l'élection présidentielle - Choisir Ma Crèche

Elections présidentielles 2022 : Quelle place pour la petite enfance dans les programmes des candidats ?

La petite enfance figure rarement dans les priorités des programmes des candidats. Pourtant les professionnels ne cessent de mettre en garde sur un secteur qui souffre. A la pénurie de personnels formés entrainant des difficultés de recrutement, s’ajoutent des conditions de travail éprouvantes et des salaires peu attractifs. Autant de facteurs qui impactent et fragilisent le secteur déjà bien abîmé par le manque de places d’accueil.

La FFEC (Fédération Française des Entreprises de Crèches) a rédigé et listé 11 propositions clés au service de la Petite Enfance pour remédier à cela que vous pouvez retrouver dans ce communiqué officiel.

Nous avons jugé intéressant de vous retranscrire les mesures phares et de les mettre en corrélation avec les annonces des programmes des différents candidats. C’est d’ailleurs à l’occasion du Printemps de la petite enfance qui s’est tenu fin mars que les représentants de certains candidats nous ont permis de découvrir plus en détails leur programme dédié à la Petite Enfance.

Découvrez l’infographie que nous avons réalisé pour synthétiser les 3 chantiers majeurs d’une politique petite enfance ambitieuse : enléchargement ici

Former et recruter du personnel pour la petite enfance

La FFEC préconise de moderniser la formation et de reconnaître les diplômes européens. Voici les engagements des candidats sur ce sujet :

Anne Hidalgo :

  • Renforcer la formation initiale.
  • Intégrer une formation continue dans les contrats d’accueil afin de miser sur l’apprentissage en immersion.
  • Créer une campagne de communication sur les métiers de la Petite Enfance pour revaloriser la formation et rassurer les jeunes.

Emmanuel Macron :

  • Investir 40 millions d’euros pour la formation continue du personnel.
  • Valoriser la formation initiale avec un socle commun minimum pour tous les métiers de la petite enfance.

Éric Zemmour :

  • Mettre en place une formation continue et complémentaire afin d’apprendre sur le terrain et de laisser tel quel la formation initiale.

Jean-Luc Mélenchon :

  • Prévoir un temps de supervision avec d’autres professionnels pour la formation en continue.

Valérie Pécresse :

  • Créer de parcours avec la validation des acquis de compétence
  • Mettre en place des passerelles entre les différents métiers du secteur afin d’avoir la possibilité d’évoluer tout au long de sa carrière.
  • Présenter les métiers au lycée et mener une campagne publique.

Yannick Jadot :

  • Pas de mesure précise sur ce sujet, il a annoncé une campagne de recrutement nationale.

Créer des places en crèches pour accueillir plus d’enfants

La FFEC estime le besoin à combler à 60 000 postes supplémentaires d’auxiliaires de puériculture et d’éducateurs jeunes enfants et 90 000 nouvelles places de crèches. Voici les prévisions faites par les candidats :

Anne Hidalgo :

  • 130 000 places de crèche sur 10 ans pour avoir une place d’accueil pour tous.
  • Ouvrir des places supplémentaires dans les écoles de formation pour augmenter le nombre de professionnels.

Emmanuel Macron :

  • 200 000 places d’accueil en collectif et individuel afin de donner le choix aux familles au niveau du mode de garde.

Eric Zemmour :

  • 60 000 places de crèches supplémentaires en 5 ans et promouvoir la liberté de choix du mode de garde.

Jean-Luc Mélenchon :

  • 500 000 places d’accueil individuelles et collectives sur 5 ans.
  • Récupérer les professionnels de la Petite Enfance déjà formé, mais qui ont quitté leurs fonctions en leurs proposants des avantages.

Valérie Pécresse :

  • 30 000 à 50 000 places d’accueil en crèche sur 5 ans avec l’objectif de donner la liberté de choix sur le mode de garde.

Yannick Jadot :

  • 200 000 places d’accueil individuelles et collectives.

Investir dans la petite enfance et réduire les inégalités

La FFEC propose de revaloriser les salaires des professionnels qui sont insuffisants pour attirer et recruter durablement. Il est préconisé d’aligner un reste à charge pour les familles qui serait identique quel que soit le mode de garde utilisé.

D’autre part un effort de financement à destination des professionnels est encouragé. En effet il faudrait étendre l’accès au crédit d’impôt famille aux indépendants. Cela permettrait de réduire les inégalités d’accès au mode de garde lié à la profession exercée par les parents.

Voici les mesures des candidats sur ces points :

Anne Hidalgo :

  • Réformer le CMG pour appliquer un barème identique à celui des crèches pour les assistantes maternelles.
  • Créer une compensation sous forme d’allocation pour les familles dans l’attente d’un moyen de garde.

Emmanuel Macron :

  • Attendre les résultats du comité de filière qui vont lui permettre d’harmoniser et de revaloriser les salaires et d’améliorer les conditions de travail pour réduire l’absentéisme et la pénurie de recrutement.
  • Réformer le CMG pour que le reste à charge soit quasiment égal peu importe le mode de garde choisi par les parents, cette réforme coûtera 300 millions d’euros.
  • Apporter un effort supplémentaire aux familles monoparentales.

Eric Zemmour :

  • Revaloriser le personnel aussi bien sur l’aspect financier que social.
  • Créer une bourse natalité de 10 000 euros pour les familles en zone rurale depuis plus de 2 ans.

Jean-Luc Mélenchon :

  • Pas de mesure précise pour le secteur de la petite enfance, mais une revalorisation du SMIC à 1 400 € net et une prime de rattrapage de 10 % pour les métiers du soin.
  • Revaloriser le salaire des étudiants en filière technique (CAP petite enfance) à hauteur de 1063 €.
  • Réformer le CMG avec la mise en place d’une égalité du reste à charge pour tous les modes de garde est prévu.

Valérie Pécresse :

  • Augmenter de plus de 10 % les salaires nets pour tous les pros de la Petite Enfance gagnant actuellement moins de 2 800 € net.
  • Défiscaliser les heures supplémentaires et monétiser les RTT pour augmenter le pouvoir d’achat.
  • Créer une allocation pour le 1er enfant de 900 € par an et revaloriser de 15 % les allocations pour le 2ème et 3ème
  • Réformer le CMG pour aligner le reste à charge entre les différents modes de garde.
  • Mettre en place la défiscalisation des pensions alimentaires pour les parents seuls.

Yannick Jadot :

  • Soutenir les parents en fonction d’employeur
  • Réformer le CMG qui doit devenir un chèque Petite Enfance avec un reste à charge identique pour tous les modes de garde.
  • Réformer les allocations familiales en allocation universelle pour chaque enfant.

Nous vous avons présenté une synthèse des éléments fournis par les différents portes paroles des candidats en matière de petite enfance. Nous précisons qu’il s’agit de restitutions objectives et que cela n’engage en rien à la position de Choisir Ma crèche sur des idéaux politiques. Cet article a pour vocation première d’apporter un éclairage informationnel sur le contenu et les intentions d’actions des candidats.

Source :
Les 11 propositions au service de la Petite Enfance par la FFEC.
Replay du Printemps de la petite enfance du 22 mars 2022.